Vrai/faux sur les silicones des cosmétiques : que disent études et régulateurs
Photo : Achim Hering, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons

Les silicones dans les cosmétiques ne sont pas univoquement « dangereux » ou « innocents » : la plupart, comme le diméthicone, sont considérés comme inertes pour la peau et non comédogènes, mais l’Union européenne a restreint l’usage de certains cyclosiloxanes (D4, D5, D6) pour des raisons environnementales.

Dans cet article « Vrai/faux sur les silicones des cosmétiques », nous décrivons ce que disent les autorités et les études, comment lire une INCI et quelles alternatives existent pour les formules et les routines beauté.

Quelles affirmations sont vraies et lesquelles sont exagérées ?

Plusieurs idées reçues circulent. Le site Mutuelle SG liste une série de points « vrai/faux », citant que les silicones sont des agents de texture et non des principes actifs, qu’ils sont en général non comédogènes et que le diméthicone est considéré comme inerte pour la peau (« FAUX que ce sont des principes actifs », « FAUX qu’ils bouchent les pores ») — ces assertions figurent mot pour mot dans le dossier publié le 24 février 2025.

Mutuelle SG évoque aussi la conséquence écologique souvent mise en avant : les silicones cycliques accumuleraient dans l’environnement et se dégradent lentement, un argument repris par les autorités européennes.

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Que dit la réglementation européenne ?

La Commission européenne a modifié l’annexe XVII du règlement REACH par le règlement (UE) 2024/1328, qui vise expressément les cyclotetrasiloxanes et cyclopentasiloxanes identifiés comme préoccupants.

Le texte explique que D4, D5 et D6 ont été identifiés comme substances très persistantes et très bioaccumulables, et que la restriction vise à réduire leurs émissions dans l’environnement. Le règlement détaille aussi des délais et des périodes de transition pour certains usages professionnels et cosmétiques.

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Que change pour votre trousse de beauté ?

Si vous utilisez actuellement des shampoings, crèmes ou huiles contenant des cycliques D4/D5/D6, la composition des produits grand public évolue déjà pour se conformer aux limites fixées par l’Union européenne. Les produits à rincer ont été ciblés en priorité, avec des seuils et des dates d’application précisés dans le texte législatif.

Pour la plupart des consommateurs, remplacer un soin contenant du diméthicone n’est pas nécessaire pour la santé cutanée : le diméthicone reste largement utilisé et n’est pas visé par l’interdiction générale des cycliques, car sa structure et son comportement diffèrent de ceux des D4/D5/D6, selon les sources réglementaires.

Comment lire l’étiquette et l’INCI ?

Sur l’étiquette INCI, les silicones portent des noms reconnaissables (terminaisons en « -icone », « -xane », « -siloxane »). Si vous souhaitez éviter les cycliques qui ont fait l’objet de la restriction, cherchez des mentions précises comme cyclopentasiloxane ou octamethylcyclotetrasiloxane.

La mention « sans silicone » est encadrée par la réglementation européenne et peut être considérée comme une allégation marketing trompeuse : Mutuelle SG rappelle que depuis 2019 certaines allégations « sans » sont interdites sur les packagings, pour éviter la dénigration d’ingrédients.

Alternatives et conséquences pour les formules

Depuis l’annonce réglementaire, de nombreuses marques et formulateurs cherchent des alternatives (esters, alcools gras, polymères biodégradables) pour conserver une bonne sensorialité sans les cycliques. Les laboratoires évaluent la performance et l’empreinte environnementale des substituts, parce que remplacer un ingrédient ne suffit pas si son remplaçant pose d’autres risques.

Si vous suivez la « clean beauty », gardez à l’esprit que l’absence d’un ingrédient ne garantit pas automatiquement une meilleure durabilité ou innocuité : la substitution nécessite des évaluations, comme le rappelle le dossier européen.

Que faire ensuite ?

Pour décider si vous changez un produit, commencez par lire l’INCI et vérifier la présence des termes cycliques ciblés. Si l’impact environnemental vous préoccupe, favorisez des formulations qui indiquent des alternatives durables et renseignez-vous sur la transparence de la marque.

Si vous avez la peau sensible et que vous craignez les réactions, testez le produit sur une petite zone ou demandez conseil à un professionnel de santé. Le diméthicone reste une option tolérée pour de nombreux soins réparateurs et barrières cutanées.

Pour aller plus loin

Pour des éléments techniques ou la version officielle du texte, consultez le règlement européen 2024/1328 et, pour une synthèse vulgarisée, l’article thématique publié par Mutuelle SG le 24 février 2025 que nous avons cité plus haut.

Si vous voulez lire des exemples de marques qui revoient leurs formulations ou des analyses d’actifs, voir aussi notre article sur Comment Oh My Cream s’est imposée dans la clean beauty française et l’analyse d’Actifs anti-âge — 4 compléments Aroma-Zone analysés pour comprendre les arbitrages formulations/marketing.

Vrai/faux sur les silicones des cosmétiques est un sujet où la nuance compte : sources réglementaires et fiches grand public s’accordent sur l’innocuité cutanée générale du diméthicone et sur les risques environnementaux spécifiques des cycliques D4/D5/D6, d’où les restrictions européennes.

Si vous souhaitez un guide pas-à-pas pour lire une INCI ou une check-list d’alternatives par type de produit, dites-nous quelle catégorie (shampoing, crème visage, huile) vous souhaitez analyser en priorité.

Sources citées

  • Mutuelle SG — article « Vrai/faux sur les silicones des cosmétiques », points « vrai/faux » et remarques sur le diméthicone (24.02.2025).
  • EUR-Lex — Commission Regulation (EU) 2024/1328 modifiant l’annexe XVII du règlement REACH (texte officiel, 16 mai 2024).

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